Ce qui change pour la prospection immobilière
La « pige » téléphonique (appeler les particuliers qui publient une annonce) était la première source de mandats de beaucoup d'agences. Depuis le 11 août 2026, cet appel sans accord préalable est illicite. Les fichiers de numéros, les logiciels d'aspiration d'annonces et les scripts d'appel perdent leur objet, et exposent l'agence.
Ce qui marche encore, et mieux
- Choisir ses secteurs avec des chiffres. Les quartiers A+ et A de l'application concentrent les ventes à venir : c'est là que la vitrine, le boîtage et la présence locale rapportent.
- Travailler les signaux objectifs des biens. Passoires F et G (calendrier d'interdiction de location), logements anciens, longues détentions, résidences secondaires : des arguments de contenu (courrier d'information, réunion de quartier, guide local), jamais un appel.
- Estimer juste, vite, avec des preuves. Une estimation avec ses ventes comparables, imprimée, rassure un vendeur mieux qu'un prix lancé au téléphone.
- Capter le consentement. Formulaire d'estimation sur votre site, carte de visite avec QR code, événement : la personne qui vous laisse ses coordonnées et son accord peut être rappelée.
- Suivre ses résultats par secteur. Mandats obtenus par quartier, comparés au potentiel : vous saurez où insister.
Ce que l'application ne fait pas, par choix
Pas de noms, pas de numéros, pas de recherche par personne, pas de « ce propriétaire va vendre ». Les données publiques le permettraient techniquement par recoupement ; la loi l'interdit (RGPD, conditions d'utilisation des données DVF), et un vendeur qui découvre qu'il a été « ciblé » ne signe pas. Vous travaillez des territoires et des biens.
Questions fréquentes
Puis-je encore appeler un particulier qui a mis une annonce ?
Non, sauf s'il vous a donné au préalable un accord exprès à être démarché (loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, art. 13, applicable depuis le 11 août 2026). L'annonce n'est pas un consentement. Le contrat signé à la suite d'un appel interdit est nul.
Et si c'est le particulier qui m'a appelé ?
Vous pouvez le rappeler dans le cadre de sa demande : la loi vise le démarchage non sollicité. Gardez une trace de sa demande (e-mail, formulaire, SMS).
Les SMS et e-mails sont-ils concernés ?
Les SMS, e-mails et messages automatiques relèvent de l'article L.34-5 du Code des postes et communications électroniques : accord préalable aussi, sauf clients existants pour des services analogues.
Que risque une agence ?
Jusqu'à 75 000 € d'amende administrative pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, plus la nullité du mandat. La DGCCRF contrôle.
Le boîtage et la vitrine restent-ils possibles ?
Oui. Le courrier non adressé, la vitrine, les panneaux, le site, les réseaux sociaux, les recommandations et les événements de quartier ne sont pas du démarchage téléphonique. C'est exactement ce que l'application vous aide à cibler : les bons secteurs.
Informations générales issues des textes officiels, sans interprétation. Chaque situation particulière doit être vérifiée avec un juriste ou votre syndicat professionnel.